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vendredi 10 juillet 2015

Le dispositif d'appui-conseil peut-il soutenir durablement des petits producteurs?

Le Conseil à l’Exploitation Familiale (CEF) est une nouvelle approche d’appui-conseil aux agriculteurs expérimentée par un service privé d'appui aux producteurs à Akonolinga au Cameroun. ce dispositif a pour objectif de susciter la réflexion chez les paysans afin de les amener à bien gérer leurs exploitations. Le bilan des activités montre que les paysans ont vraiment besoin d'un accompagnement dans la gestion quotidienne de leur exploitation. Mais, les outils expérimentés n'étaient pas adaptés à leur situation. Malgré leur volonté, le faible niveau d'éducation n'a pas facilité la compréhension et l'appropriation de la démarche. C'est pourquoi, il est urgent de repenser le contenu des démarches de conseil à l'exploitation familiale qui se veut adapter au contexte spécifique de chaque producteur. Il est aussi impératif de repenser le profil des conseillers qui doivent être à la auteurs des attentes croissantes des producteurs. Cette expérience bien qu'étant mitigée, a tout de même permis à plus de 67% des producteurs de réviser le mode de gestion de leur exploitation. Dans une vision de modernisation de l'agriculture en Afrique, le conseil agricole requiert plus de moyens.
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samedi 29 mars 2014

Lettre aux Femmes rurales



 Le 08 Mars dernier, se célébrait la « journée Internationale de la femme » en reconnaissance du rôle combien important vous jouez dans le processus de développement. Pour vous qui êtes en zone rurale ou campagne et qui sacrifiez vos vies au profit de la production agricole et alimentaire, nous vous disons : « Merci » infiniment pour ces sacrifices.

Quels est votre secret ? D’où tirez-vous votre énergie ?

L’agriculture familiale met en relation la production agricole et la famille dont vous avez la charge. Quels est votre secret ? Comment faites vous pour combiner la production alimentaire et la gestion des membres que composent la famille. Nous savons tous qu’en Afrique environ 80% de ménages comprennent en moyenne 8 personnes. D’où tirez-vous votre énergie pour vous impliquer activement à tous les stades du développement des chaines de valeur ? Car du stade de production à la consommation vous portez toutes les charges.
Vous seules savez comment sélectionner les semences de qualité à partir de vos récoltes précédentes (surtout des céréales et tubercules). C’est encore vous qui connaissez les techniques locales de traitement et conservation de ces semences. Savez vous que ces connaissances locales, endogènes peuvent significativement contribuer à l’avancé de la recherche agricole ? Hélas elles ne sont pas suffisamment pas valorisées par notre système de recherche afin d’améliorer votre rendement. On se demande quand est-ce que les chercheurs vont capitaliser ces potentialités?.

Photo Source: FAO
Qui peut aussi bien labourer les sols avec un enfant sur le dos afin de préparer un bon lit de semences devant recevoir les graines que vous ? A mon avis il n’y a que vous ! la récoltes des céréales, des racines et tubercules est une activité que vous seul avez le secret. Quelle technique utilisez-vous pour savoir identifier et sélectionner les semences à conserver ?

Récolter, commercialiser, transformer, cuisiner : des verbes que conjuguent bien les femmes rurales

 La plus part des produits agricoles sont récoltés par vos mains soigneuses. C’est le cas du cacao, du thé, des céréales et les racines et tubercules. Sur les marchés vous êtes en même temps « vendeurs et acheteurs ». Et le soir à la cuisine, vous seul savez comment combiner ce que vous avez produits où acheter pour satisfaire nos besoins alimentaires. Il est vrai que la malnutrition et l’insécurité alimentaire persistent encore dans le monde (840 millions de personnes soufrent encore de la faim dans le monde dont http://www.fao.org/docrep/018/i3458f/i3458f.pdf240 millions en Afrique subsaharienne), mais vos effort pour faire reculer ce fléau sont louables.

Mais, nous savons pertinemment qu’il existe encore des considérations sociales, traditionnelles et même coutumières qui limitent votre accès à certaines facilités devant améliorer vos performances et vos conditions d’existences. Sachiez que de nombreuses organisations se mettent du côté des Nations Unies pour lutter contre toutes ces formes de discriminations afin de faciliter votre autonomisation. Retenez que cette autonomisation ou égalité dont nous faisons allusions ne signifie pas que vous devez dominez vos maris. S’il vous plaît ne tomber pas dans ce gouffre. La notion de genre voudrait juste spécifier les rôles que chacun d’entre vous (homme, femme) jouez pour le développement. Il est question de mieux valoriser votre potentiel en vous donnant l’opportunité de le prouver.

Que savez-vous de 2014 ?

C’est une année très spéciale pour vous qui êtes dans les campagnes. Parce que, en reconnaissance du rôle que la petite agriculture dite « agriculture familiale » dont vous avez la parfaite maitrise du fonctionnement, les Nations Unies ont déclaré 2014 comme étant l’"Année Internationale de l’Agriculture Familiale ». vous devez donc profiter de cet hommage à la petite agriculture pour prouver à nouveau que vous êtes les seules à pouvoir concrétiser la modernisation de l’agriculture familiale à condition bien sûr que vos talents et potentialités soient reconnus par les décideurs politiques. Que vous ayez accès à la terre, au crédit, aux services de vulgarisation et conseil agricole, et que le milieu rural soient doté des infrastructures adéquates pouvant développer l’agribusiness.
D’ailleurs vous avez déjà prouvez combien vous êtes ingénieux dans la gestion des petites unités de transformation des produits à travers les coopératives et groupes d’initiatives communes. Nous parlons ici des femmes impliquées dans la transformation du manioc au Cameroun (Pâte alimentaire, gari), au Nigéria (gari, cossette) , en Côte d’Ivoire (Attiékié)…. Pour le bien-être des populations.

Organiser et rassembler les femmes rurales pour leur autonomisation

Nous vous encourageons chères mamans, d’apprendre davantage, car vous avez un très grand potentiel à l’adoption des innovations technologiques, à la compréhension des stratégies d’adaptation aux changements climatiques. Modernisez davantage votre système de production, adopter les TICs dans vos activités comme l’a fait WOUGNET en Uganda, la Fondation NUNUNA au Burkina Faso et bien d’autre organisation de femmes rurales dans le monde. Pour en savoir plus sur les TIC et l’agriculture, rapprochez vous du CTA, d’Accessagriculture, ICRISAT, FAO,….. Rejoignez aussi les plateformes et réseaux des femmes rurales ou de productrices pour mieux faire valoir votre potentiel.
Nous n’avons pas assez de mots pour exprimer notre reconnaissance envers les sacrifices consentis pour la nutrition de l’humanité, mais acceptez nos félicitations et encouragements tout en espérant qu’à la fin de cette année internationale de l’agriculture familiale, nous allons ensemble définir une stratégie globale de promotion de l’agriculture familiale dont vous êtes la fondation.
Mille fois merci femmes (rurales) !

Photo: FAO

vendredi 7 mars 2014

YPARD-Cameroun soutien l’organisation des jeunes producteurs ruraux


Jeune Professionnels, expliquant le fonctionnement des coopératives agricoles
YPARD est une plateforme des jeunes professionnels pour la recherche agricole pour le développement. L’une de ses missions consiste à promouvoir le partage et l’échange d’information entre les jeunes professionnels du secteur agricole ou des disciplines connexes. Etabli en juin 2013, YPARD-Cameroun assure la continuité des missions de la plateforme au niveau local. Plus précisément vise à amener les jeunes professionnels camerounais du domaine agricole à s’impliquer activement dans la mise en place des nouvelles politiques agricole pour l’émergence du Cameroun.
C’est ainsi que ces jeunes professionnels mettent au quotidien leurs savoirs au service des producteurs ruraux notamment les couches les plus défavorisés que sont les femmes et les jeunes. Dans la nouvelle vision du développement agricole au Cameroun, un accent particulier est mis sur la professionnalisation de la formation agricole. Pour cela, le programme de rénovation de la formation professionnels agricole (AFOP) exécuté depuis 2008 dans le cadre du Contrat de Désendettement pour le Développement entre l’Agence Française de Développement (AFD) et le Gouvernement camerounais, vise à mettre sur le marché un nouveau profil des entrepreneur ruraux pour être en phase avec le passage de l’agriculture de subsistance vers l’agriculture d’entreprise dont se veut le Cameroun.

 Une jeunesse de plus en plus motivée par l’entrepreneuriat agropastoral : pour quel avenir ?

 YPARD-Cameroun a fait une descente à l’Ecole des Techniques Agricoles (ETA) de Bafang (Ouest-Cameroun) le mercredi 26 Février pour échanger avec les jeunes apprenants de cette école. Plus de 43 jeunes au pris part aux discussions. Ils ont été édifiés sur l’existence des cadres d’échange entre les jeunes dans le secteur agricole dont le projet ARDYIS du CTA, et GYIN en dehors de YPARD. La préoccupation majeure des jeunes reste leur insertion après la formation. Ils ont été informés que ces plateformes diffusent au quotidien des informations sur les opportunités d’emplois, de stage, de bourses de formation et d’études ect…. Au terme de ces échange, les participants au manifesté leur désir de s’impliquer dans les activités de YPARD-Cameroun et surtout ont sollicité l’accompagnement de cette plateforme pour la concrétisation de leur projet au terme de leur formation qui dure 2 ans. Cependant il leur a été suggéré de s’organiser dès leur sortie en créant des micro-entreprises agropastorales pour plus d’efficacité d’action et surtout pour augmenter leur chance de bénéficier des appuis techniques et financiers de l’Etat et autres partenaires au développement. L’une des formes d’organisation les plus simples étant les sociétés coopératives.

Pourquoi les sociétés coopératives ?

Le 27 Février, l’Equipe de YPARD-Cameroun s’oriente vers les producteurs d’une zone rurale à l’ouest du pays qui est considéré comme le bassin de production le plus important. Plus de 54 producteurs dont 20 jeunes âgés de moins de 35 ans et 15 femmes ont bénéficiés d’un atelier de renforcement des capacités sur la création et la gestion des sociétés coopératives. A l’entrée de la formation, il a été rappelé aux participants que les coopératives ont été identifiées comme un maillon fort de promotion des chaines de valeurs agricole et de structuration des filières à forte valeur marchande. C’est pourquoi 2012 avait été déclaré année internationale des coopératives. Ensuite le cadre règlementaire et juridique des coopérative a été précisé notamment l’acte uniforme OHADA de Lomé 2010 sur les sociétés coopératives. Les participants qui étaient en majorité les membres d’un groupe d’initiative commune (GIC), se sont intéressés aux formes de coopératives simplifiées et ont voulu savoir comment migrer rapidement de leur forme actuelle d’organisation vers une entreprise agricole dont une coopérative ?
Les jeunes formateurs membre de YPARD et GYIN principaux organisateurs de cet atelier, ont rassuré les producteurs de leur accompagnement jusqu’au fonctionnement effectif de leurs coopératives respectives. Le représentant de YPARD a émis de vœux de voir plus de jeunes agriculteurs aux prochains ateliers de formation.

Analyse

Le Cameroun jusqu’en 2010 comptait environs 12000 groupes d’initiatives communes inscrits dans son registre national des GIC. Cependant moins de 10% ont prouvés leur existence en fournissant aux services compétents des rapports d’activités.  Nombre des ces organisation avait été créé dans le seul but  de bénéficier des appuis que l’Etas mettait à la disposition des producteurs. Il n’était plus question après la crise des années 80 d’accompagner les producteurs à rang dispersé. C’est pourquoi dès 92 les appuis de l’Etats s’adressaient au GIC et coopérative. Malheureusement plusieurs GIC étaient constitué des membres d’une seule famille dont le père avait la fonction de Délégué, l’épouse la secrétaire ou trésorière et les relatifs étant les membres de l’Assemblée Générale. Pour d’autres groupes diversifiés, les membres abandonnaient les activités au Délégué. D’ailleurs on entendait des expressions comme « c’est le GIC de telle personne ». Mais lorsque ce dernier devait recevoir un don du Gouvernement, tous les autres membres disparus réapparaissaient pour réclamer les avantages liés à leurs statuts de membres.
Mais alors avec cette nouvelle forme de coopérative, les coopérants ont des actions et seront tenu à participer à l’émergence de la société afin de faire fructifier leur argent. C’est pourquoi, dans sa vision d’émergence économique dont agriculture en est le pilier phare, le Cameroun encourage une agriculture dite de seconde génération basé sur l’esprit d’entrepreneuriat. Les producteurs changeront de statut de simple « paysan » aux « entrepreneurs ruraux ». D’ailleurs que les jeunes reçoivent déjà des formations d’entrepreneur agropastoraux et de conseillers agropastoraux. Ce nouveau profil sera sans doute d’un apport indéniable pour la concrétisation de cette vision à conditions bien sûr qu’il ait une bonne stratégie de gestion de cette ressource soit mise sur pied. Les jeunes pourront dès lors se ré- intéresser aux métiers d’agriculteurs longtemps marginalisé. Mais une chose est sûre que YPARD est là pour permettre à ces jeunes de voir l’agriculture d’une autre façon notamment en la rendant plus « sexy ».

Photo crédit: Tankeu

lundi 24 février 2014

Efficacité de la téléphonie mobile dans l’encadrement des producteurs ruraux à l’ouest-Cameroun

Photo : F. Fiondella (IRI/CCAFS).
L’une des missions de la vulgarisation et le conseil agricole, consiste à fournir aux producteurs des informations et autres services nécessaires pour leur activité de production. Le téléphone portable est de ce fait utilisé comme outils de communication pour réaliser cette mission et atteindre une grande masse de producteurs dans les zones d’accès limités. Malgré l’enclavement de la piste rurale qui mène au groupement Fondonéra à l’ouest-Cameroun, les producteurs ont continué a bénéficié d’un encadrement à distance via leur téléphone portable. La diffusion des informations sur le marché/prix et des opportunités se sont faites par des appels vocaux et des SMS. Une appréciation positive est observée en ce qui consiste la mise en relation des producteurs et autres acteurs (fournisseurs et commerçants). Les femmes ont démontrés qu’elles s’arriment bien à la technologie actuelle. Malgré le faible niveau d’éducation qui limite le service SMS, on observe un manque d’infrastructures qui limite l’accès à tous du signal GSM.

dimanche 23 février 2014

Conseil agricole et l'agriculture familiale au Cameroun: Quelles leçons?

Champs de maïs au pied du Mont Cameroun, sud-ouest





Introduction

 L’amélioration des services d’appui aux producteurs ruraux a toujours été une préoccupation de l’Etat depuis la crise économique des années 80. L’adoption du programme d’ajustement structurel et la définition des nouvelles politiques agricoles (1988-1999) ont mis l’accent sur les stratégies favorisant l’amélioration de la productivité agricole et la compétitivité des exploitations agricole familiales (ACEFA). Ainsi, de 1988 année de création du Programme National de Formation Agricole (PNFA), à 2002 avec le Programme National de Vulgarisation et Recherche Agricole (PNVRA), on a assisté à une évolution des stratégies d’accompagnement des agriculteurs bien qu’étant toujours fondée sur l’approche “Training and visit“ à travers la diffusion des innovations technologiques. A partir de 2002, on est passé d’une approche d’encadrement vers une approche de facilitation-conseil déjà expérimenté depuis 1998 au Nord-Cameroun par l’IRAD et le CIRAD via le PRASAC. Dix années après la mise en œuvre de cette nouvelle démarche d’appui au monde rural, les résultats sont plutôt mitigés et l’on se demande donc quelles leçons tirées des expériences mise en œuvre par divers acteurs en vue de repenser les stratégies pour une appropriation effective du dispositif par tous les acteurs impliquées (Etat, ONG, Organisation Paysanne, Organisation Professionnelle Agricole, etc.).

1    Pourquoi conseiller les petits producteurs?

     Jusqu’en 1998, la plupart des Exploitations Familiales Agricoles (EFA) au Cameroun rencontraient plusieurs problèmes qui constituaient un frein à leur épanouissement. Notamment une gestion incertaines des activités de production (car la prévision des campagnes n’allait pas au-delà une année), une maîtrise insuffisante des itinéraires techniques des productions à l’exception de la culture du coton et du cacao dont les techniques de production ont longtemps été vulgarisées par la Sodécoton et la Sodécao, une mauvaise gestion des ressources etc. Depuis 2008, les nouvelles stratégies de croissance économique imposent le passage d’une agriculture de subsistance à une agriculture d’entreprise  dite de seconde génération. Ainsi donc, il est urgent plus que jamais de renforcer les capacités des producteurs ruraux à travers un accompagnement plus rapproché et mesuré aux besoins réels de ces derniers et ceci via le conseil agricole. Mais quel type de conseil adapté et approprié à la situation des producteurs camerounais ?
     Le conseil de gestion expérimenté par le PRASAC repose sur une approche s’étalant sur trois années allant de la formation au base de gestion en année 1 passant par le suivi technico-économique des parcelles en année 2 pour aboutir à l’élaboration des microprojets en année 3. Ceci s’adressait surtout aux paysans volontaires. Il en est de même du conseil tactique et spécialisé expérimenté dans 5 régions du pays par le Programme d’Amélioration de la Compétitivité des exploitations Agropastorales (ACEFA). Mais ACEFA s’appuie surtout sur les groupements paysans ayant exprimé au préalable une demande d’appui-conseil.  

 Profils controversés desbénéficiaires du dispositif 

La mise en œuvre du conseil agricole demande une base de compétence tant pour les bénéficiaires que pour les conseillers. Au Cameroun, le faible niveau d’éducation des producteurs et des conseillers ou animateurs a constitué la première cause de non appropriation de la démarche. La plus part des producteurs ruraux n’ont qu’un niveau de l’école primaire. Et les outils pas vraiment adapté à ces niveaux s’adressaient tant aux producteurs alphabétisés et non alphabétisés. On note quand même que dans le Nord, le conseil en langue locale le « fufuldé » a amélioré le niveau de compréhension du dispositif surtout le conseil tactique.
Les conseillers au Nord-Cameroun ont au moins le niveau Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC) dans le cas du PRASAC et ACEFA, cependant à Akonolinga (Centre-Cameroun) par exemple tous ne possédaient que le Certificat d’Etudes Primaire et Elémentaire (CEPE). Les Conseillers spécialisés du programme ACEFA ont au moins le niveau BAC et deux à trois années d’expériences. Avec ces niveaux, les conseillers sont aptes à la mise en œuvre du conseil tactique reposant sur la prévision des campagnes et le suivi technique des parcelles. Les bilans économiques et tout autre calcul pour ne pas faire mention de la conception des projets, sont difficilement maîtrisés par ceux-ci.  


Au PNVRA les Agents de Vulgarisation de Zone (AVZ) jouent le rôle de conseillers-facilitateurs. Il en est de même à ACEFA qui avait voulu profiter des acquis du PNVRA pour s’implanter et ceci en responsabilisant davantage les AVZ du PNVRA. On remarque ainsi qu’en moyenne 50% des AVZ sont Conseillers de Groupement Paysan (CGP) au programme ACEFA et près de 15% des Superviseurs de Secteurs (SS) du PNVRA sont Conseillers Spécialisés (CS) à ACEFA. Ce même conseil par approche différentes rend ambigüe le fonctionnement. D’abord les AVZ sont ceux ayant longtemps servi dans l’administration sous le “training and visit system“. Ils ont du mal à se délier de leur ancien rôle d’encadreur au profit du nouveau rôle de conseiller-facilitateur. Cette lacune s’observe encore plus chez ceux-là qui sont à la fois AVZ ou SS au PNVRA et CGP ou CS à ACEFA.  On s’interroge sur leur capacité à pouvoir changer quittant des approches standards vers celles plus participatives. Sont-ils à même d’assurer la gestion de l’appui à la demande en conseil qui se fait de plus en plus ressentir dans le contexte actuel de relance de l’économie et surtout des effets du changement climatique dont l’influence sur les étapes de la production agropastorale n’est plus à démontrer.

     Les contenus du dispositif pas toujours adaptés aux demandes de plus en plus ciblées 

Le défi du développement rural repose sur la productivité, la compétitivité et l’amélioration des services de base. Le diagnostic de ces problèmes est facile mais l’organisation des éléments de réponses fiables et concrets doit être planifiée. On note un problème d’inadéquation entre les besoins réellement ressentis et exprimés par les producteurs et les solutions proposées dans la plupart des cas. Ceci parce que les AVZ et CGP ne décèle pas rapidement ces besoins et on aboutit aux solutions inappropriées à ces besoins réels. Ainsi, au regard de la réflexibilité  voulu et la capacité à gérer la flexibilité le long de la chaine, il faudra par exemple que, pour un besoin de formation réellement exprimé, qu’il soit aussitôt relayé le long des différents maillons de la chaine et qu’une réponse soit aussitôt organisée. 

Pour y parvenir, une base de compétence assez élargie du côté des conseillers, superviseurs et techniciens spécialisés ou conseillers techniques doit être existante. Celle-ci devant couvrir les productions animales, les productions végétales, la gestion des exploitations et/ou entreprise agricole rurales, l’élaboration des projets agricoles, les outillages et infrastructures agricoles etc. Tout ceci entraine la nécessité de la mise sur pied d’un dispositif de formation professionnelle dans les écoles de formation agricoles (Ecoles des Techniques Agricoles -ETA, Collèges Régionaux d’Agriculture -CRA, Facultés d'agronomie, etc.), de façon à assurer une offre adéquate de conseil. Ces nouveaux profils professionnels doivent faire un lien entre les besoins en conseil (en terme de dispositif) et la demande des producteurs en fonction des zones agro-écologique du pays.Car on constate des expériences mis en place que, malgré l’engagement noté chez certains conseillers et producteurs, les performances du dispositif sont faibles à cause de l’inadéquation du profil des conseillers, du niveau de formation des producteurs, et le contexte local de développement. Ainsi trouver actuellement un profil professionnel des conseillers répondant à une offre spécifique de conseil est encore difficile.  


             Pilotage et la gestion du dispositif : des facteurs clés 

Le dispositif conseil au Cameroun est actuellement géré par deux types d’acteurs à savoir les programmes étatiques via les ministères (PNVRA, ACEFA et Sodécoton sous tutelle du MINADER et MINEPIA ;  L’IRAD) et les organisations de développement rural et prestataires de services (ADEAC, SADEL, PRASAC etc.). Cependant le financement du dispositif est souvent cause de l’échec d’appropriation de la démarche.
Au Nord, la Sodécoton finançait entièrement son dispositif, mais dans certain terroir non couvert,  la prise en charge du conseiller coûtait entre 60 000 et 120 000 FCFA/an aux EFA dont le revenu annuel moyen est de 200 000 – 300 000 FCFA soit 30-40% du revenu. Ceci a eu un impact négatif vis-à-vis du conseil qui, pour certains paysans, était réservé aux agriculteurs nantis. A Akonolinga, le conseil était entièrement financé par ADEAC via son partenaire SOS faim Belgique. Cependant une somme de 25F/Kg de cacao vendu était prélevée sur le revenu des paysans lors des ventes groupées pour l’amortissement de certaines charges liées au conseil. Dans le cadre du PNVRA et ACEFA, le financement du dispositif revient à Etat à travers ses fonds propres (via les fonds PPTE) (cas du PNVRA) et à travers le C2D rural de l’AFD (cas d’ACEFA).

Il faut remarquer aussi que la rémunération des conseillers joue un rôle important dans la mise en œuvre du dispositif. Au PNVRA par exemple la réduction des primes qui sont passées de 30 000 FCFA avant 2004 à 20 000 FCFA de nos jours constitue une source de démotivation des AVZ, car selon eux, ces primes en dehors de la diminution, sont irrégulières. Il en est de même à Akonolinga où la rupture du contrat entre ADEAC et Sos faim a entrainé des irrégularités de payement des primes des animateurs qui étaient sensés avoir 30 000 FCFA/ trimestre. Ceci a entrainé l’arrêt des activités dans trois des neuf villages couverts. Par contre, dans le cadre du projet ACEFA, la régularité du payement des primes (30 000FCFA/mois), est une source de motivation pour les CGP et ceci améliore leurs actions.

L’absence de suivi des activités dans certaines régions comme à Akonolinga a été à l’origine du disfonctionnement du dispositif. Mais la régularité de tenu des réunions de quinzaine et mensuelles, et l’existence des organes de cogestion sont des atouts qui peuvent consolider les acquis du conseil dans le cadre du PNVRA et ACEFA.
 

 Photo credit Camer.be (Yollande Tankeu)