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samedi 29 mars 2014

Lettre aux Femmes rurales



 Le 08 Mars dernier, se célébrait la « journée Internationale de la femme » en reconnaissance du rôle combien important vous jouez dans le processus de développement. Pour vous qui êtes en zone rurale ou campagne et qui sacrifiez vos vies au profit de la production agricole et alimentaire, nous vous disons : « Merci » infiniment pour ces sacrifices.

Quels est votre secret ? D’où tirez-vous votre énergie ?

L’agriculture familiale met en relation la production agricole et la famille dont vous avez la charge. Quels est votre secret ? Comment faites vous pour combiner la production alimentaire et la gestion des membres que composent la famille. Nous savons tous qu’en Afrique environ 80% de ménages comprennent en moyenne 8 personnes. D’où tirez-vous votre énergie pour vous impliquer activement à tous les stades du développement des chaines de valeur ? Car du stade de production à la consommation vous portez toutes les charges.
Vous seules savez comment sélectionner les semences de qualité à partir de vos récoltes précédentes (surtout des céréales et tubercules). C’est encore vous qui connaissez les techniques locales de traitement et conservation de ces semences. Savez vous que ces connaissances locales, endogènes peuvent significativement contribuer à l’avancé de la recherche agricole ? Hélas elles ne sont pas suffisamment pas valorisées par notre système de recherche afin d’améliorer votre rendement. On se demande quand est-ce que les chercheurs vont capitaliser ces potentialités?.

Photo Source: FAO
Qui peut aussi bien labourer les sols avec un enfant sur le dos afin de préparer un bon lit de semences devant recevoir les graines que vous ? A mon avis il n’y a que vous ! la récoltes des céréales, des racines et tubercules est une activité que vous seul avez le secret. Quelle technique utilisez-vous pour savoir identifier et sélectionner les semences à conserver ?

Récolter, commercialiser, transformer, cuisiner : des verbes que conjuguent bien les femmes rurales

 La plus part des produits agricoles sont récoltés par vos mains soigneuses. C’est le cas du cacao, du thé, des céréales et les racines et tubercules. Sur les marchés vous êtes en même temps « vendeurs et acheteurs ». Et le soir à la cuisine, vous seul savez comment combiner ce que vous avez produits où acheter pour satisfaire nos besoins alimentaires. Il est vrai que la malnutrition et l’insécurité alimentaire persistent encore dans le monde (840 millions de personnes soufrent encore de la faim dans le monde dont http://www.fao.org/docrep/018/i3458f/i3458f.pdf240 millions en Afrique subsaharienne), mais vos effort pour faire reculer ce fléau sont louables.

Mais, nous savons pertinemment qu’il existe encore des considérations sociales, traditionnelles et même coutumières qui limitent votre accès à certaines facilités devant améliorer vos performances et vos conditions d’existences. Sachiez que de nombreuses organisations se mettent du côté des Nations Unies pour lutter contre toutes ces formes de discriminations afin de faciliter votre autonomisation. Retenez que cette autonomisation ou égalité dont nous faisons allusions ne signifie pas que vous devez dominez vos maris. S’il vous plaît ne tomber pas dans ce gouffre. La notion de genre voudrait juste spécifier les rôles que chacun d’entre vous (homme, femme) jouez pour le développement. Il est question de mieux valoriser votre potentiel en vous donnant l’opportunité de le prouver.

Que savez-vous de 2014 ?

C’est une année très spéciale pour vous qui êtes dans les campagnes. Parce que, en reconnaissance du rôle que la petite agriculture dite « agriculture familiale » dont vous avez la parfaite maitrise du fonctionnement, les Nations Unies ont déclaré 2014 comme étant l’"Année Internationale de l’Agriculture Familiale ». vous devez donc profiter de cet hommage à la petite agriculture pour prouver à nouveau que vous êtes les seules à pouvoir concrétiser la modernisation de l’agriculture familiale à condition bien sûr que vos talents et potentialités soient reconnus par les décideurs politiques. Que vous ayez accès à la terre, au crédit, aux services de vulgarisation et conseil agricole, et que le milieu rural soient doté des infrastructures adéquates pouvant développer l’agribusiness.
D’ailleurs vous avez déjà prouvez combien vous êtes ingénieux dans la gestion des petites unités de transformation des produits à travers les coopératives et groupes d’initiatives communes. Nous parlons ici des femmes impliquées dans la transformation du manioc au Cameroun (Pâte alimentaire, gari), au Nigéria (gari, cossette) , en Côte d’Ivoire (Attiékié)…. Pour le bien-être des populations.

Organiser et rassembler les femmes rurales pour leur autonomisation

Nous vous encourageons chères mamans, d’apprendre davantage, car vous avez un très grand potentiel à l’adoption des innovations technologiques, à la compréhension des stratégies d’adaptation aux changements climatiques. Modernisez davantage votre système de production, adopter les TICs dans vos activités comme l’a fait WOUGNET en Uganda, la Fondation NUNUNA au Burkina Faso et bien d’autre organisation de femmes rurales dans le monde. Pour en savoir plus sur les TIC et l’agriculture, rapprochez vous du CTA, d’Accessagriculture, ICRISAT, FAO,….. Rejoignez aussi les plateformes et réseaux des femmes rurales ou de productrices pour mieux faire valoir votre potentiel.
Nous n’avons pas assez de mots pour exprimer notre reconnaissance envers les sacrifices consentis pour la nutrition de l’humanité, mais acceptez nos félicitations et encouragements tout en espérant qu’à la fin de cette année internationale de l’agriculture familiale, nous allons ensemble définir une stratégie globale de promotion de l’agriculture familiale dont vous êtes la fondation.
Mille fois merci femmes (rurales) !

Photo: FAO

mardi 11 février 2014

Lettre aux Agriculteurs familiaux africains

un petit producteur du Sud-Ouest, Cameroun dans son champ de macabo (Xanthosoma sagittifolium)

Chers producteurs,
Nous avons longtemps été considéré dans les discours comme étant le maillon essentiel de la réduction de la pauvreté et l'insécurité alimentaire dans le monde. Maintenant, il semblerait que notre contribution à l'économie mondiale a été reconnue salutairement par les instances des Nations unies au point de dédier toute une année à notre cause. J'espère donc que vous le savez déjà que cette année 2014 a été déclarée "Année Internationale de l'Agriculture Familiale (AIAF)

1. Pourquoi une année à nous consacrer?

  Pendant la période coloniale, la politique agricole africaine avait pour but premier l’approvisionnement des grandes villes et des métropoles. On investissait en priorité dans la production de matières premières agricoles : coton, sucre, cacao, café, ... Cette politique, caractérisée par une forte intervention de l’État, qui prélevait des taxes dans les campagnes pour financer la structure de l’État et le développement, a été largement maintenue après l’indépendance. À partir des années 80, les pays africains ont dû faire face à un endettement croissant, découlant entre autre de la crise des matières premières. L’intervention de l’État a été progressivement réduite, cédant la place à une politique agricole qui promouvait la libéralisation des marchés et la privatisation. Cette démarche devait en outre déboucher sur une diversification de l’agriculture. Il s’avère aujourd’hui que ces réformes drastiques n’ont pas apporté le développement attendu, principalement pour les exploitations familiales. On dénombre en effet de nombreux problèmes : marginalisation des petits paysans, paupérisation des zones rurales, féminisation de l’agriculture, prix bas, accès incertain aux moyens de production, surexploitation des ressources naturelles.

 L’agriculture familiale est encore très souvent associée à des qualificatifs tels que petite, archaïque, non moderne, improductive, auto-subsistante, dépassée, obsolète, incapable d’innover, résistante au changement, immobile, anti-économique, non compétitive, inadaptée au marché, pauvre, etc. Quant à la grande exploitation agricole dotée de moyens de production à fort contenu en capital, elle est plus souvent qualifiée de moderne, dynamique, entreprenante, intégrée aux marchés, performante, rentable. alors que L’agriculture familiale apporte une importante contribution à l’économie (pourcentage du PIB) et à l’emploi, tant dans les pays d’Afrique que sur d’autres continents : 1,3 milliard d’actifs agricoles dans les pays du Sud et près de 2,5 milliards de personnes si l’on considère les familles qui en vivent directement (41% de la population mondiale). C'est sans doute fort de cette contribution à l'économie et à la création des richesses que les experts des Nations Unies ont voulu redonner une tonalité forte à cette agriculture longtemps marginalisée afin de la redonner toutes la dignité et la noblesse qu'elle mérite.

 2. Quels objectifs visés par cette année Internationale de l'agriculture familiale?

 AIAF vise à rehausser l’image de l’agriculture familiale et de la petite agriculture en focalisant l’attention du monde entier sur leur contribution significative à l'éradication de la faim et de la pauvreté, à l’amélioration de la sécurité alimentaire, de la nutrition et des moyens d’existence, à la gestion des ressources naturelles, à la protection de l’environnement et au développement durable, en particulier dans les zones rurales.
L’objectif de l’AIAF 2014 est de remettre l’agriculture familiale au centre des politiques agricoles, environnementales et sociales dans les programmes d’action nationaux, en identifiant les lacunes à combler et les opportunités offertes afin de favoriser la transition vers un développement plus équitable et plus équilibré. L’AIAF 2014 favorisera le débat et la coopération aux niveaux national, régional et mondial, pour faire mieux connaître et comprendre les défis qu’affrontent les petits exploitants et aider à identifier des moyens efficaces pour soutenir l’agriculture familiale. 

Comme vous le savez, depuis plusieurs décennies, on observe de profondes mutations dans l'économie mondiale, de nombreux fléaux et maux qui minent notre sociétés avec ses corolaires comme l'insécurité alimentaire, la pauvreté, l'instabilité politique. Alors, ne pensons nous pas que l’agriculture familiale et la petite agriculture sont liées de façon indissociable à la sécurité alimentaire mondiale, qu'elle préserve les produits alimentaires traditionnels, tout en contribuant à une alimentation saine et équilibrée, à la conservation de la biodiversité agricole mondiale et à l’utilisation durable des ressources naturelles et qu'elle peut être un moyen de stimuler les économies locales, surtout si elle est associée à des politiques spécifiques axées sur la protection sociale et le bien-être des communautés?

 3. Qu'est-ce qui est attendus de nous durant cette année?

 Chers producteurs, si parfois nous sommes rester dans l'ombre de nos activités, c'est souvent parce que des opportunités comme celles-ci ne se sont pas présenter pour  que nous nous exprimons. C'est dire que nos actions, notre dynamisme et notre détermination à faire reculer l'insécurité alimentaire mondiale doit clairement s'établir durant cette année. Unissons nos forces pour une transformation effective de l'agriculture dans les pays en développement. L'une des manières les plus simple pour nous organiser nous a été offerte depuis 2012. Il s'agit de nous regrouper en formant des coopératives agricoles qui ont été identifiées comme des entités puissantes de production agricole. D'ailleurs que l'année 2012 avait été dédié aux coopératives agricoles grâce à leur forte contribution à la sécurité alimentaire. Souvenons-nous du thème de la journée internationale de l'alimentation 2012: "Les coopératives nourrissent le monde!".

Rapprochons-nous des organisations qui nous offrent des espaces de plaidoyers. de nombreuses institutions de recherche sont là pour nous, ils nous accompagne dans nos actions et nous permettent de participer à la recherche. En Afrique, visitez le Forum Africain pour la Recherche Agricole (FARA) et bien d'autre en Afrique de l'Ouest et du Centre (CORAF/WECARD), d'Afrique de l'Est(ASARECA), d'Afrique australe (CCARDESA), et d'Afrique du Nord (NASRO). Participons aux débats et actions de plaidoyers organisés par des plateformes comme le GFRAS, AFAAS, PAFFO, PanACC, ANAFE, RUFORUM, FANRPAN, YPARD, ARDYIS_CTA... ces deux derniers interpellent plus les jeunes agriculteurs ou les jeunes désirant s'investir dans l'agriculture.

4. Que réclamons-nous?

Nous voulons que nos Gouvernement et Organisations sous régionales repensent les politiques agricoles qui favorisent l'implication des petits producteurs que nous sommes et que l'agriculture familiale soit au centre des stratégies. Comme vous le savez, le NEPAD avait proposé en 2003 un Programme Détaillée  de Développement de l'Agriculture Africaine (PDDAA). Il était demandé aux Chef d’États signataires de cet accord de Maputo de consacrer environ 10% de leur budget au secteur agricole. Mais combien de pays signataires ont respecté cela? 

Nous dénonçons les politiques nous dépossèdent de notre capital précieux qu'est la terre. C'est pourquoi nous rejetons fermement l’accaparement de nos terres qui est de plus accentué sur nos continents. Il faudra que les organisations et Gouvernement  (occidentaux) repensent aussi les modalités de production des agro-Carburants  et biocarburants qui ont une incidence grave sur l'inflation avec pour conséquence l'accentuation de la malnutrition et l'insécurité alimentaire qui persistent en Afrique.

Nous, petits producteurs sommes à la base du développement économique de l'Afrique tel que proposé par le NEPAD dans le cadre du PDDAA. Profitons donc de cette année qui nos est offerte pour faire entendre nos voix par des actions concrètes et des résultats viables. Grâce à nous, les jeunes générations de producteurs du monde auront assez de courage à s'investir dans le secteur agricole et contribuer ainsi à la croissance économique mondiale. 

Photo Crédit: Bakweri



jeudi 6 février 2014

USAID Soutien le renforcement de la résistance dans le Sahel

La sècheresse accentue l'insécurité alimentaire dans le Sahel























Le 04 Février 2014, Kathryn McConnel a publié un article sur le soutien que l’Agence des États Unies pour le Développement International (USAID) entend apporter pour soutenir la résistance face à la sécheresse dans neuf pays d’Afrique subsaharienne. Ce projet qui a une durée de cinq ans, compte apporter un soutien aux populations rurales quant à la réduction de la pauvreté et la famine.  L’organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) sera un partenaire pour la mise en place de ce projet. Cette stratégie de  soutien de l’USAID vise à toucher les millions de personnes de ces neufs pays (Burkina Faso, Cameroun, Chad, Gambie, Mauritanie, Niger, Nigeria et Sénégal) des zones Sahéliennes d’Afrique et pour ce fait envisage mobiliser deux milliards de dollars américain cette année pour sa mise en œuvre.

      1.Pourquoi un appui de l’USAID

A travers l’Ambassade des États Unies dans divers Pays en Afrique, l’USAID a toujours soutenu divers projets dans les domaines de l’Agriculture et du développement local. Cependant, il s’avère que plus de 240 millions de personnes sont encore sévèrement touchées par la faim en Afrique subsaharienne. Et les zones sahéliennes restent les plus vulnérables  à cause de la sécheresse qui rend la production agricole très difficile. C’est pourquoi il est urgent plus que jamais  de penser à une stratégie viable  de résistance comme le suggère l’USAID.

      2. Que compte Faire concrètement l’USAID dans ces pays ?

Selon les responsables de l’agence, les fonds alloués vont servir d’abord au renforcement des capacités des Gouvernements (afin qu’ils puissent bien définir les stratégies opérationnelle de résistance à la pauvreté et l’insécurité alimentaire). Ensuite promouvoir l’éducation et la santé à travers la sensibilisation, la formation et la construction des infrastructures. Enfin  Mobiliser un grand nombre de personne. C’est pourquoi,  plus 1,9 millions de bénéficiaires seront directement touchés à la fin de ce projet. Il s’agira de quitter d’une situation de vulnérabilité à une viabilité. Ceci en réduisant de 15% à 10% la malnutrition chronique, de réduire de 20% la pauvreté et d’accroitre la production agropastorale de 50% au Niger et le Burkina Faso. En plus, 85 millions de dollars seront alloués à l’aide alimentaire dans les pays les plus vulnérables comme le Mali et le Tchad afin de réduire le déficit alimentaire actuellement observé.

3.     Analyse

Nous sommes conscients que la situation de l’insécurité (conflit armé), de l’insécurité alimentaire, de la pauvreté et la malnutrition dans le sahel mérite une attention particulière. Construire une stratégie de résistance demande aussi une volonté politique de la part de décideurs politiques de ces pays. Pour tirer vraiment profit de ce fond de soutien qui arrive à point nommé,, il faudra une bonne gouvernance et que toutes les parties prenantes notamment les populations à la base soient impliquées. Qu’elles soient des acteurs et non des bénéficiaires comme le mentionne l’analyse de Kathryn. Les acteurs de développement locaux et les leaders des Organisations non gouvernementales et de la société civile soient également impliqués.

Si les populations s’impliquent dans cette stratégie de résistance, on pourra s’attendre à un succès car c’est la population à la base qui décide de ce qu’elle veut ou pas. Ceci m’amène donc à me demander si le financement de la résistance est la meilleure solution pour réduire l’extrême pauvreté et la famine dans le sahel ? Autrement dit est-ce que cette stratégie peut apporter un changement positif et durable ? Que pensez-vous de ce fond de soutien?


Photo Kristalina Georgieva