Affichage des articles dont le libellé est Afrique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Afrique. Afficher tous les articles

mardi 11 février 2014

Lettre aux Agriculteurs familiaux africains

un petit producteur du Sud-Ouest, Cameroun dans son champ de macabo (Xanthosoma sagittifolium)

Chers producteurs,
Nous avons longtemps été considéré dans les discours comme étant le maillon essentiel de la réduction de la pauvreté et l'insécurité alimentaire dans le monde. Maintenant, il semblerait que notre contribution à l'économie mondiale a été reconnue salutairement par les instances des Nations unies au point de dédier toute une année à notre cause. J'espère donc que vous le savez déjà que cette année 2014 a été déclarée "Année Internationale de l'Agriculture Familiale (AIAF)

1. Pourquoi une année à nous consacrer?

  Pendant la période coloniale, la politique agricole africaine avait pour but premier l’approvisionnement des grandes villes et des métropoles. On investissait en priorité dans la production de matières premières agricoles : coton, sucre, cacao, café, ... Cette politique, caractérisée par une forte intervention de l’État, qui prélevait des taxes dans les campagnes pour financer la structure de l’État et le développement, a été largement maintenue après l’indépendance. À partir des années 80, les pays africains ont dû faire face à un endettement croissant, découlant entre autre de la crise des matières premières. L’intervention de l’État a été progressivement réduite, cédant la place à une politique agricole qui promouvait la libéralisation des marchés et la privatisation. Cette démarche devait en outre déboucher sur une diversification de l’agriculture. Il s’avère aujourd’hui que ces réformes drastiques n’ont pas apporté le développement attendu, principalement pour les exploitations familiales. On dénombre en effet de nombreux problèmes : marginalisation des petits paysans, paupérisation des zones rurales, féminisation de l’agriculture, prix bas, accès incertain aux moyens de production, surexploitation des ressources naturelles.

 L’agriculture familiale est encore très souvent associée à des qualificatifs tels que petite, archaïque, non moderne, improductive, auto-subsistante, dépassée, obsolète, incapable d’innover, résistante au changement, immobile, anti-économique, non compétitive, inadaptée au marché, pauvre, etc. Quant à la grande exploitation agricole dotée de moyens de production à fort contenu en capital, elle est plus souvent qualifiée de moderne, dynamique, entreprenante, intégrée aux marchés, performante, rentable. alors que L’agriculture familiale apporte une importante contribution à l’économie (pourcentage du PIB) et à l’emploi, tant dans les pays d’Afrique que sur d’autres continents : 1,3 milliard d’actifs agricoles dans les pays du Sud et près de 2,5 milliards de personnes si l’on considère les familles qui en vivent directement (41% de la population mondiale). C'est sans doute fort de cette contribution à l'économie et à la création des richesses que les experts des Nations Unies ont voulu redonner une tonalité forte à cette agriculture longtemps marginalisée afin de la redonner toutes la dignité et la noblesse qu'elle mérite.

 2. Quels objectifs visés par cette année Internationale de l'agriculture familiale?

 AIAF vise à rehausser l’image de l’agriculture familiale et de la petite agriculture en focalisant l’attention du monde entier sur leur contribution significative à l'éradication de la faim et de la pauvreté, à l’amélioration de la sécurité alimentaire, de la nutrition et des moyens d’existence, à la gestion des ressources naturelles, à la protection de l’environnement et au développement durable, en particulier dans les zones rurales.
L’objectif de l’AIAF 2014 est de remettre l’agriculture familiale au centre des politiques agricoles, environnementales et sociales dans les programmes d’action nationaux, en identifiant les lacunes à combler et les opportunités offertes afin de favoriser la transition vers un développement plus équitable et plus équilibré. L’AIAF 2014 favorisera le débat et la coopération aux niveaux national, régional et mondial, pour faire mieux connaître et comprendre les défis qu’affrontent les petits exploitants et aider à identifier des moyens efficaces pour soutenir l’agriculture familiale. 

Comme vous le savez, depuis plusieurs décennies, on observe de profondes mutations dans l'économie mondiale, de nombreux fléaux et maux qui minent notre sociétés avec ses corolaires comme l'insécurité alimentaire, la pauvreté, l'instabilité politique. Alors, ne pensons nous pas que l’agriculture familiale et la petite agriculture sont liées de façon indissociable à la sécurité alimentaire mondiale, qu'elle préserve les produits alimentaires traditionnels, tout en contribuant à une alimentation saine et équilibrée, à la conservation de la biodiversité agricole mondiale et à l’utilisation durable des ressources naturelles et qu'elle peut être un moyen de stimuler les économies locales, surtout si elle est associée à des politiques spécifiques axées sur la protection sociale et le bien-être des communautés?

 3. Qu'est-ce qui est attendus de nous durant cette année?

 Chers producteurs, si parfois nous sommes rester dans l'ombre de nos activités, c'est souvent parce que des opportunités comme celles-ci ne se sont pas présenter pour  que nous nous exprimons. C'est dire que nos actions, notre dynamisme et notre détermination à faire reculer l'insécurité alimentaire mondiale doit clairement s'établir durant cette année. Unissons nos forces pour une transformation effective de l'agriculture dans les pays en développement. L'une des manières les plus simple pour nous organiser nous a été offerte depuis 2012. Il s'agit de nous regrouper en formant des coopératives agricoles qui ont été identifiées comme des entités puissantes de production agricole. D'ailleurs que l'année 2012 avait été dédié aux coopératives agricoles grâce à leur forte contribution à la sécurité alimentaire. Souvenons-nous du thème de la journée internationale de l'alimentation 2012: "Les coopératives nourrissent le monde!".

Rapprochons-nous des organisations qui nous offrent des espaces de plaidoyers. de nombreuses institutions de recherche sont là pour nous, ils nous accompagne dans nos actions et nous permettent de participer à la recherche. En Afrique, visitez le Forum Africain pour la Recherche Agricole (FARA) et bien d'autre en Afrique de l'Ouest et du Centre (CORAF/WECARD), d'Afrique de l'Est(ASARECA), d'Afrique australe (CCARDESA), et d'Afrique du Nord (NASRO). Participons aux débats et actions de plaidoyers organisés par des plateformes comme le GFRAS, AFAAS, PAFFO, PanACC, ANAFE, RUFORUM, FANRPAN, YPARD, ARDYIS_CTA... ces deux derniers interpellent plus les jeunes agriculteurs ou les jeunes désirant s'investir dans l'agriculture.

4. Que réclamons-nous?

Nous voulons que nos Gouvernement et Organisations sous régionales repensent les politiques agricoles qui favorisent l'implication des petits producteurs que nous sommes et que l'agriculture familiale soit au centre des stratégies. Comme vous le savez, le NEPAD avait proposé en 2003 un Programme Détaillée  de Développement de l'Agriculture Africaine (PDDAA). Il était demandé aux Chef d’États signataires de cet accord de Maputo de consacrer environ 10% de leur budget au secteur agricole. Mais combien de pays signataires ont respecté cela? 

Nous dénonçons les politiques nous dépossèdent de notre capital précieux qu'est la terre. C'est pourquoi nous rejetons fermement l’accaparement de nos terres qui est de plus accentué sur nos continents. Il faudra que les organisations et Gouvernement  (occidentaux) repensent aussi les modalités de production des agro-Carburants  et biocarburants qui ont une incidence grave sur l'inflation avec pour conséquence l'accentuation de la malnutrition et l'insécurité alimentaire qui persistent en Afrique.

Nous, petits producteurs sommes à la base du développement économique de l'Afrique tel que proposé par le NEPAD dans le cadre du PDDAA. Profitons donc de cette année qui nos est offerte pour faire entendre nos voix par des actions concrètes et des résultats viables. Grâce à nous, les jeunes générations de producteurs du monde auront assez de courage à s'investir dans le secteur agricole et contribuer ainsi à la croissance économique mondiale. 

Photo Crédit: Bakweri



mercredi 16 octobre 2013

Est-ce que l’Occident s’accapare des terres agricoles du Sud ?



 

Un agriculteur sénégalais demande un arrêt du phénomène de « landgrabbing » pour le future des pays Africaines.

Contexte de l’agriculture en Afrique

 

Au début des indépendances, l’Afrique au même titre que l’occident possédait des atouts provenant du secteur agricole pour assurer son développement. Mais au début des années 80, la détérioration des termes de l’échange, la chute des cours mondiaux des produits de base (cacao, café, coton, arachide) a entrainé un chancellement de l’économie des pays africains.
Face à cette situation, la plus des pays n’était plus capable d’honorer leur engagement envers les producteurs notamment la subvention des intrants. Pour ce faire, ils n’ont eu comme solution que d’avoir recours aux propositions de reforme des institutions de Bretons Woods notamment le Fond Monétaire Internationale (FMI) et la Banque Mondiale.
Ces propositions encore appelées Programmes d’Ajustement structurel (PAS) préconisait la réduction des dépenses publiques, l’arrêt des subventions de l’Etats, la libéralisation de l’Economie. Les pays comme le Cameroun, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et bien d’autres, ont mis en application ces propositions qui ont aboutit à des résultats plutôt mitigés à savoir la baisse de la production agricole, l’accentuation de l’exode rurale, l’augmentation du taux de chômage avec pour corolaire l’augmentation de la pauvreté rurale (84% des pauvres sont ruraux) et l’insécurité alimentaire.

La relance de la croissance et la dépossession des terres

Dans les années 2000, ces pays ont adoptés des stratégies de croissances pour la relance de l’économie basée essentiellement sur l’agriculture. Ceci coïncidait avec le retour massif des pluies dans les pays comme le Sénégal qui avait souffert d’une sécheresse sans précédent.
Ainsi, les petits producteurs pratiquant l’agriculture familiale (caractérisée par les superficies petites (1-2ha), la polyculture avec ou sans rotation et une faible productivité qui parvient à fournir plus de 70% de la production alimentaire), ont retrouvé provisoirement la terre de leurs ancêtres pour se nourrir. Hélas, cette période est marquée par une crise financière dans les pays occidentaux.
Et pour y faire face, les grandes firmes se sont retournés vers l’Afrique à la conquête des terres et autres ressources pour survivre en achetant massivement les terre. D’ailleurs que l’Afrique gagne la palme d’or avec plus de 66% des terres vendues. Ces ventes massives des terres appelées accaparement des terres est pour la plupart des cas destinés aux agro-industries producteurs d’agrocarburant. Plus de 35,7 millions ha y sont destinées et peut atteindre 100 millions en 2040 si rien n’est fait.   

Les responsabilités des politiques agricoles

Le laxisme ou la complexité des dirigeants a contribué significativement à l’accaparement des terres en Afrique. Par exemple en Egypte, plus de 6,720,000 ha appartenant aux petits producteurs, avait fait objet d’une vente illicite en 2007, entrainant une perte d’environs 98 milliards d’Euros au peuple égyptiens.
Ces achats massifs des terres profitent aux grandes entreprises nationales ou étrangères qui pratiquent la monoculture à grande échelle et sont responsables de la flambée des prix des denrées alimentaires dans le monde. Ainsi les communautés rurales se trouvent souvent chassés et privées de leur principal facteur de production sous le silence des dirigeants, alors qu’ils sont la couche la plus touchée par l’insécurité alimentaire (840 millions environs).

Comment reprendre le contrôle de nos terres ?

Même s’il a été reconnu que l’accaparement des terres est une violation au droit humain, on se demande ce qui est fait pour l’arrêter. En 2011, la FAO et l’OCDE ont préconisés au terme d’une consultation financée par le G20, de supprimer purement et simplement toutes les subventions en faveur des agro-industries qui produisent les agro-carburants dans l’optique de limiter ce mouvement. Mais que faire face à la puissance de l’occident qui se cache derrière un nouveau thème pour produire davantage.Il s’agit de la protection de l’environnement, via les énergies renouvelables
Peut être devons nous méditer sur ces propos de Thomas Sankara qui est vraie a tout égard : « L'esclave qui ne veut pas assumer sa révolte, ne vaut pas la peine de s'apitoyer sur son sort. Seule la lutte libère ! »pour mettre fin à ce phénomène ?Quelle stratégie de lutte pacifique devrions nous adopter de façon à exploiter et préserver nos terres aujourd’hui pour notre survie tout en pensant à léguer un héritable aux générations futures pour la satisfaction de leur besoins vitaux.

Le texte originale de l’article était écrit par un agriculteur sénégalais, GnokhobayeDiouf(“Le Paysan Noir”).

mercredi 2 octobre 2013

Quand les jeunes discutent des TIC pour l’agriculture



Jeunes en atelier de discussion sur les TIC et l'agricuture au Campus numérique de l'université Marien GOUAMBI, République du Congo-Brazzaville


On peut affirmer sans contestation que l’agriculture reste le seul secteur qui peut assurer durablement la croissance économique de l’Afrique.  Car elle contribue pour au moins 30% de la formation du Produit intérieur Brut (PIB) de la plupart des pays tout en employant aussi plus de 60% de la population active. L’agriculture est un secteur clé de l’économie et est une source de résorption du Chômage des jeunes. Il est aussi constaté selon le FIDA et la FAO que le potentiel agricole en Afrique n’est pas encore exploité à son maximum car s’il l’était, le continent pourra contribuer durablement à la sécurité alimentaire qui touche près de 842 millions de personnes et aussi créer une source stable de revenus contribuant ainsi à la croissance et par là à l’atteinte de l’objectif n°1 du millénaire pour le développement.  Dans le cadre de la nouvelle vision de l’Union Africaine à travers le NEPAD, un Plan Détaillé du Développement de l’Agriculture Africaine (PDDAA)  a été élaboré qui met un accent sur la place prépondérante que les jeunes et les femmes ont a joué pour le développement de l’agriculture du continent. C’est dans cette optique que les actions visant le renforcement des capacités des jeunes se multiplient au sein de diverses organisations nationales, internationales,  plateformes et des réseaux.  Réunis à Brazzaville du 16-20 septembre 2013, les jeunes professionnels de diverses disciplines y compris les agriculteurs ont profité au cours d’une session de formation sur le Web 2.0 organisé par le projet ARDYIS du CTA en partenariat avec AZUR développement pour discuter de la place que les technologies de l’information et de la communication (TIC)  et les médias sociaux ont à jouer pour le développement de l’agriculture en Afrique.