jeudi 26 décembre 2013

L'agriculture familiale face au défi des pertes alimentaires


Ntume
Pertes d'aliment dans un marché de fuit et légumes, Chine
 L'agriculture familiale est caractérisée par l'exploitation des petites superficies de moins d'un hectare, par la faible utilisation des intrants agricoles, l'utilisation des équipement rudimentaires dont la résultat est marqué par une faible productivité et un faible niveau de revenu (moins d'un dollar par jour). cette agriculture familiale malgré sa faible performance, réussi à assurer 70% de la production alimentaire en Afrique. Localisés pour la plupart dans les zones rurales, les agriculteurs familiaux semblent être maintenu dans le cercle vicieux de l'insécurité alimentaire et la pauvreté. Dans les pays comme le Cameroun,  le Benin, le Mali, le Côte d'ivoire, le Sénégal, plus de 70% des pauvres vivent en milieu rural avec pour activité principale l'agriculture. Dans ces mêmes pays, la vulnérabilité à l'insécurité alimentaire est grandissante en zone rurale. Comment comprendre que les petits producteurs qui alimentent le monde sont plus vulnérables à l'insécurité alimentaire?

  Les pertes alimentaires et le gaspillage des aliments dans le viseur des causes principales

  selon la FAO, environ 1/3 de la production alimentaire est perdue ou gaspillée chaque année dans le monde. cette quantité d'environ 1,3 milliards de tonne aurait été suffisante pour nourrir plus de 2 milliards de personnes. Les pertes post-récoltes sont encore abondante chez les agriculteurs familiaux à cause de l'absence de technique de conservation et de transformation. Il faudra noter que, ces pertes post-récoltes vont au delà de 40% dans les filières céréalières et racines et tubercules. Face à ces pertes énormes, on se demande comment envisagé la sécurité alimentaire dans le monde si les pertes sont plus abondantes que les aliments réellemenr consommés pour satisfaire nos besoins vitaux?

La sécurité alimentaire est-elle une réalité chez les agriculteurs familiaux?

 Si l'on maintien de la définition de la sécurité alimentaire tel qu'énoncée au sommet mondiale sur l'alimentation en 1996, on se rend compte que les pertes alimentaires aggravent la disponibilité des aliments qui est un pilier essentiel de la sécurité alimentaire. Plus de 840 millions de personnes dans le monde n'arrivent toujours pas à consommer un repas par jour pour subvenir à leur besoins. Il est plus qu'urgent de réduire ces pertes en investissant dans l'agriculture familiale pour moderniser leur appareil de production. Ne pensez-vous pas que si, 1,3 milliards de tonne d'aliment perdues sont réduit de moitié, tous les 840 millions de personnes touchées par la faim auraient au moins une repas par jour? au Cameroun par exemple la vulnérabilité à l'insécurité alimentaire est de 30, 3% dans les zones rurales qui sont les grands bassins de production.
Ces pertes et gaspillage des aliments impacte sur plusieurs aspects de la chaine de production. Car comme le souligne la FAO, les 1,3 milliards d'aliments perdus ou gaspillés ont consommé 240 km3 d'eau, exploitant plus de 1,4 milliards d'hectare de terre et entrainant une émission de 3,3 milliards de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

 Quelle stratégies pour réduire Ces pertes?

La réduction de pertes et gaspillage d'aliment, augmentera significativement la disponibilité des aliments et réduira aussi la mauvaise gestion des ressources naturelles. D'ici 2050, la population de terre aura doublée et il faudra 60% plus d'aliment pour la nourrir. C'est pour cette raison que les efforts consentis par certaines organisation comme la FAO, le PAM, le FIDA etc. à travers divers projet et programme dans les pays en développement ont déjà des effets significatifs  sur la réduction des pertes et gaspillage d'aliment.
Par exemple, en Afrique centrale, le FIDA s'est investis dans nombre de projet dans le domaine de la transformation des racines et tubercules surtout le manioc. La stratégie du FIDA est axée sur l'agriculture familiale notamment le renforcement des capacités des petits producteurs dont les femmes et les jeunes pour la création des petites unités de transformation et de commercialisations des produits dérivés du manioc (estimés à plus de 43 dans la zone CEMAC y compris de RDC).

Il est impératif de mettre les agriculteurs familiaux au centre des politiques de sécurité alimentaire visant à réduire les pertes et gaspillage d'aliment. Car ces aliments perdus sont la cause principale de la fragilisation de la sécurité alimentaire et de l'augmentation de la vulnérabilité des populations qui en dépendent. Il faut noter ces chiffres qui sont important pour l'élaboration des projets et la prise de conscience pour certains gouvernement. Par exemple plus de 30% de céréales sont perdues ou gaspillées chaque année dans le monde, 40-50% de racines et tubercules, 40-50% de fruits et légumes, 20% d'oléagineux, 20% de viande et environ 30% de poissons. 
Une stratégie pour mettre fin à ces pertes est de renforcer les capacités des petits producteurs en ce qui concerne, la transformation et la conservation des aliment, l'éducation nutritionnelle etc. Il faut surtout doter le milieu rural, bassin de production des infrastructures qui faciliteraient le transport des aliments, créer dans les grandes zones de production des unités semi-industrielles de transformation des denrées. Ceci pourra réduire considérablement  les pertes et réduire l'insécurité alimentaire qui frappe encore plus de 240 millions de personnes en Afrique subsaharienne et maintien plusieurs milliers de petit producteurs dans la pauvreté.

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Photo Crédit Paul Teng, Ntuma